Un article de Marc Mercier paru dans le magazine « 24 images » (N°147)
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Un article de Marc Mercier paru dans le magazine « 24 images » (N°147) Samedi 12 décembre à l’école des Beaux Arts d’Alexandrie, Mazloum, de 11h30 à 13h
“ Art Vidéo, cinéma et futurisme” / « Video art, cinema and futurism » : (pictures by Mohamed Salah)
Les artistes vidéo, les poètes électroniques, sont-ils des héritiers du Futurisme ? Voilà la question que nous avons eu envie de nous poser à l’occasion de ce premier festival d’art vidéo à Alexandrie. Elle s’est imposée dès lors que nous nous sommes rendu compte que c’est ici qu’est né F.T. Marinetti, le fondateur de l’un des plus importants mouvements artistiques d’Avant-Garde, le Futurisme. Seconde coïncidence : nous célébrons cette année le 100e anniversaire de la parution du 1er Manifeste Futuriste publié le 20 février 1909 dans le Figaro. Bien entendu, il ne s’agit pas pour nous de revendiquer TOUT Marinetti, ni TOUTES les idées proférées dans ce texte fondateur et ceux qui suivirent. Je fais ici référence à l’adhésion de Marinetti au fascisme mussolinien, et à quelques inepties telles que les cultes de la guerre et de la violence. Disons rapidement que tous les Futuristes italiens n’ont pas suivi Marinetti dans cette direction, je pense par exemple au musicien Luigi Russolo. Et si nous jetons un coup d’œil vers les autres mouvements futuristes internationaux, comme par exemple en Russie (avec Maïakovski, Klhebnikov, les frères Bourliuk…), nous nous apercevrons que des voies idéologiques diamétralement opposées ont pu être prises, tout en conservant peut-être l’essentiel de la démarche et de l’esthétique futuristes : l’anti-passéisme, le goût de la provocation du public bourgeois (la fameuse gifle au goût du public), le dégoût des couchers de soleil et des clairs de lune, l’invention de nouvelles formes, la célébration de la vitesse, de l’hétérogénéité, de la surprise, la passion pour les nouvelles machines et autres technologies qui vont (ou doivent) révolutionner l’art, les modes de vie et de production, les paysages, les pensées… Si la photographie et le cinéma ont un jour intéressé les Futuristes italiens puis russes, c’est avant tout pour leurs capacités à manipuler l’image du réel. Nous ne serons donc pas surpris d’apprendre que Gianni Toti, le plus grand poète électronique italien, qui combattit le fascisme à Rome dès l’âge de 17 ans, fit toujours dans son œuvre référence au Futurisme… russe. Il n’est qu’à penser à sa Trilogie Maïakovskienne, son Squeezanguezaoum (en référence à Tatlin et Khlebnikov) ou bien encore son Gramsciategui ou les poesimistes… Bref, le terrain est prêt pour accueillir une trentaine d’années plus tard le génial inventeur de l’art vidéo : Nam June Paik et ses installations vidéo, ses expériences de TV satellites, ses vidéo performances… L’imagination sans fil et les mots en liberté glorifiés par les Futuristes, allaient trouver une nouvelle application chez les poètes électroniques qui libèreront les images en mouvement de la vieille syntaxe cinématographique, en électrons libres… Car pour les artistes du mouvement Fluxux, auquel appartenait Paik, comme pour les Futuristes, les images ont avant tout pour vocation de transmettre de l’énergie et d’expérimenter des modes de perceptions inédites. Marc Mercier |
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Ce programme, produit par ZINC/ECM avec les Instants Vidéo, est possible grâce au soutien financier de la Région PACA, la Ville de Marseille,
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